Histoire


Contexte et Histoire

L’idée d’un regroupement entre associations gérant des services spécialisés de soin et de prévention en addictologie s’est peu à peu imposée comme une nécessité. Elle correspond à un besoin ressenti par de nombreuses associations gestionnaires de petits établissements et à une volonté des pouvoirs publics dans tout le secteur social et médico-social. Le dispositif médico-social en addictologie s’est constitué très récemment (avec la loi du 2 janvier 2002 et le passage à un financement par l’Assurance Maladie en 2003, la mise en place des CSAPA en 2009) à partir d’une myriade de petites structures souvent bien implantées localement et à l’identité forte, mais fragiles de par leur fragmentation en presque autant d’associations (ou d’hôpitaux) gestionnaires.

Plusieurs facteurs extérieurs liés à la mise en œuvre des politiques publiques vont à l’encontre de cette dispersion, notamment la définition de politiques régionales avec des volets addictions fixant des objectifs spécifiques
à cet échelon, en particulier l’adoption de Plans Régionaux de Santé Publique et de Schémas Régionaux d’Addictologie. La loi du 2 janvier 2002 comporte, parmi ses objectifs, celui de « favoriser la coordination, la complémentarité, garantir la continuité des prises en charge et de l’accompagnement, notamment dans le cadre de réseaux sociaux et médico-sociaux coordonnés ». Et elle rappelait divers modalités de regroupements pouvant y contribuer (GIP, GIE,…).

En 2006, la Direction Générale de l’Action Sociale (DGAS) a fait de la mutualisation des moyens une priorité et annoncé sont souhait de baisser le nombre d’acteurs à prendre en compte par les autorités de tarification. Elle a promu notamment les Groupements Coopératifs Sociaux et Médico-Sociaux (GCSMS) ainsi que les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM). En 2009, l’adoption de la loi HPST a instauré les Agences Régionales de Santé et établi la Région en tant qu’échelon décisionnaire des politiques, notamment en matière de soins et de prévention en addictologie.

Tous ces facteurs extérieurs n’ont fait que confirmer le bien-fondé de la démarche entreprise par Le Trait d’Union et Essonne-Accueil, dès 2004, sur la base d’objectifs visant à améliorer la cohérence de leurs stratégies de développement et la qualité de leurs services aux usagers. Il s’agissait aussi de mutualiser les ressources notamment dans la gestion, de mieux résister aux aléas des financements, et, plus globalement, de se positionner comme interlocuteur de référence, tant sur le plan technique (dans la prévention, les soins, la réduction des risques, la formation, la recherche…) que sur celui de la gestion administrative et financière, pour être en capacité de proposer des réponses innovantes et d’en garantir l’opérationnalité.

 

LE PROJET D’OPPELIA : DÉVELOPPER, PROMOUVOIR ET INNOVER

Les associations parties prenantes – leurs conseils d’administration, leurs directions mais aussi leurs salariés – se sont d’abord attelées à mettre sur papier leur projet commun. Pourquoi en effet se « marier », réunir ses moyens et son avenir, si l’on n’a pas de buts communs ? Sans ce socle, une démarche de regroupement est vite fragilisée devant les obstacles et les tensions qui ne manquent pas entre des équipes qui sont légitimement attachées à leur identité, à leurs spécificités et à leurs façons de fonctionner.

En terme d’objectifs généraux, le projet associatif d’Oppelia est d’apporter une aide aux personnes qui rencontrent des difficultés sur le plan psychologique, social, médico-social ou sanitaire, en particulier liées à l’usage de substances psychotropes, ainsi qu’à leur entourage. Et, pour cela, elle entend :

  • Favoriser chez les usagers la prévention des risques sanitaires et des dommages sociaux ainsi que l’accès à des soins adaptés.
  • Placer l’usager au cœur de sa prise en charge, en restant à l’écoute de ses choix, de ses besoins et de ses attentes.
  • Soutenir l’autonomisation de l’usager en contribuant à développer ses potentialités, ses compétences et ses capacités à effectuer ses choix.

Les principes fondant ces actions rappellent que chaque usager est un sujet, irréductible à ses difficultés, et qui dispose de ses droits au sein des services dans lesquels il est accueilli. Ils affirment aussi l’attachement à l’évaluation et à la qualité et l’efficacité des actions ainsi qu’à la rigueur dans l’utilisation des fonds qui lui sont alloués.

 

La fusion dans une association unique engage l’émergence d’une identité associative commune par le développement des échanges transversaux et des synergies entre équipes pour améliorer les actions et les pratiques. L’association entend veiller aussi à promouvoir ce qui constitue sa richesse : les spécificités des ses différentes structures, la pluralité de ses pratiques et de ses modalités d’action. Elle vise à promouvoir un véritable réseau de « centres ressources » médico-sociaux en addictologie, en lien avec les usagers et la communauté dans laquelle chacun s’inscrit, capable de développer des services de qualité, d’innover, de former, et de mener des recherches.

Concrètement, la fusion s’est opérée par la constitution d’une nouvelle association regroupant une partie des anciens conseils d’administration et accueillant de nouveaux membres. le Président du CA est Monsieur Jean Louis Loirat, inspecteur de l’action sanitaire et sociale hors classe. Les salariés, associés à différents moments de la démarche, ont suivi de près le processus et l’on perçu de façon positive.

À partir de ce socle commun a été mis en place un mode d’organisation et de fonctionnement avec, en particulier, un collège de direction réunissant les directeurs des différentes structures, une direction générale (le Docteur Alain Morel et Madame Karine Le Bret adjointe chargée des questions administratives et financières) et un siège à Paris, un ensemble de procédure d’organisation et de décision, un plan de formation a été collectivement arrêté, et un plan stratégique 2011-2012 est en cours d’élaboration avec le CA, les directions, la DG et les représentants des salariés. Ont été également mis en place des moyens de communication internes (news letter…) et externes (cite Internet…) ainsi que divers groupes de travail transversaux, notamment sur la prévention et l’intervention précoce sur les activités médicales ou psycho-sociales et leurs inscriptions dans les accompagnements proposés par les structures.